
Transfusion de sang neuf au rural
Il s’est écoulé à peine un an depuis le lancement de son projet Place aux jeunes du Manitoba et déjà, le CDEM cumule des résultats spectaculaires. Mené auprès des régions pilotes de La Montagne et de Montcalm, Place aux jeunes a comme mandat de contrer une problématique grandissante au sein des municipalités bilingues rurales : l’exode des jeunes. En 2005-2006, trois fins de semaine d’information et de réseautage (séjours exploratoires) tenues dans La Montagne ont permis à quatorze jeunes de redécouvrir leur région et de prendre connaissance des projets de développement économique issus des plans Vision de leurs localités respectives. Résultat : quatre jeunes sont revenus s’y installer. Deux étudiants en médecine ont déjà signé une entente avec le gouvernement provincial ; l’une d’entre eux envisage d’ailleurs s’installer à Somerset pour y pratiquer son métier. Convaincu des vertus de la campagne, Henri Waling, un immigrant de trente-deux ans, a quitté Winnipeg dès le lendemain de son premier séjour exploratoire pour s’installer dans le village de Notre-Dame-de-Lourdes. Occupant aujourd’hui deux emplois, chez Conte Industries et à La Résidence, Henri déclare : « J’ai quitté la ville parce que je n’arrivais pas à trouver un bon emploi; c’était donc nécessaire de m’établir en campagne pour avancer dans ma carrière. »De leur côté, Ryan Robidoux et sa conjointe Sylvie Toupin sont aussi revenus s’établir dans la région avec leur fils, en août dernier. Ryan occupe un poste de conseiller en ventes à la Coopérative Notre-Dame-de-Lourdes. De son côté, Sylvie travaille en tant qu’adjointe administrative du Réseau communautaire. « La famille et la qualité de vie sont les deux raisons à la base de notre décision et en plus, le rythme de vie est tellement plus calme ici ! », déclarent ces nouveaux résidents de La Montagne. Ayant récemment fait l’objet d’un reportage de la part de Radio-Canada dans le cadre du projet Place aux jeunes, Méo Labossière n’est pas peu fier de son retour aux sources. Agissant en tant que gérant pour l’organisme Tec Création , il qualifie son retour à Saint-Léon de « meilleure décision que j’aie jamais prise ». Devant la grande séduction entreprise par le CDEM, le jeune homme déclare : « Place aux jeunes m’a montré ce que ma région avait vraiment à offrir. J’y ai découvert une panoplie d’activités et de services en français, en plus du secteur économique que je connaissais à peine. » Lorsque questionnés sur leur vision de leur avenir, dans cinq ou dix ans, tous trois sont unanimes : ils souhaitent encore habiter leur communauté et continuer de s’y développer.Le projet Place aux jeunes du Manitoba bénéficie d’un financement visant l’implantation du projet auprès de deux régions pilotes jusqu’au 31 mars 2008. Or, les résultats démontrent déjà que Place aux jeunes s’avère une solution durable à l’exode des jeunes. C’est pourquoi le CDEM recherche actuellement des partenaires, publics et privés, pour élargir la diffusion du projet à l’ensemble des municipalités bilingues rurales du Manitoba.
